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ICI Musique, Radio-Canada

Vendredi 21 avril 2023

Entrevue avec Nicolas Ouellet

CHEIDAH et Nicolas Ouellet en studio à Radio-Canada
Casque Studio Radio en studio

Émission

Jusqu'au bout, ICI Première

Contexte

J'avais entretenu une bonne relation avec Nicolas Ouellet au fil du temps, je lui envoyais mes dernières sorties régulièrement, et elles tournaient dans son émission Nouveaux sons sur ICI Musique.

Quand il m'a contacté pour participer à une entrevue, c'était l'aboutissement de quatre ans de travail acharné et le sentiment du travail accompli.

En ouverture

Banquise feat. Lamorozo et Peaky Iz vient de jouer en studio.

Thèmes abordés

  • Parcours entre Strasbourg, Termoli et Montréal
  • Rap bilingue français-italien
  • Évolution vers le live et les nouvelles sorties

Retranscription

N.O.

La chanson de CHEIDAH, avec Lamorozo et Peaky Iz. Ça s'appelle Banquise, le projet c'est Opaque. CHEIDAH, bonsoir. Ton vrai nom, Nicolas Gendron, Chiarizia c'est le nom de famille. Né en France, grandi à Strasbourg. Comment t'es arrivé à Montréal ?

CHEIDAH

J'ai grandi à Strasbourg jusqu'à mes 18 ans et je suis arrivé ici tout de suite après pour faire mes études, d'abord à l'ESG UQAM pour finalement basculer à HEC. Des études ben classiques de marketing.

N.O.

C'est aussi ton environnement familial qui t'a transmis la passion de la musique.

CHEIDAH

Wow, t'as bien fait tes recherches ! Oui, vraiment. Mes oncles font de la musique depuis toujours. Quand j'étais plus jeune, je les voyais se balader de village en village en Italie pour se produire et découvrir de nouvelles musiques. Ça a été un des déclencheurs majeurs chez moi.

N.O.

Tu rappes autant en français qu'en italien. Des influences comme Pino Daniele, Lucio Battisti, et un rappeur qui s'appelle Capo Plaza. Pourquoi il t'a marqué ?

CHEIDAH

Dans la période de trap en Italie, tout le monde faisait la même chose. Capo Plaza est arrivé, c'était un des seuls qui venait du sud de l'Italie, comme moi. Ça m'a beaucoup touché. Il a ramené des flows, des placements qui n'existaient pas encore. Et forcément quand tu écoutes ça et que t'aimes bien, t'as envie de le reproduire, en mieux.

N.O.

Depuis 2020, justement, tu as essayé de le faire en mieux. Tu as sorti des projets, plus de vingt chansons, Épreuve d'artiste, Monotype, Sprint, et là Opaque qui est sorti la semaine dernière. La première fois que je t'ai vu sur scène c'était à l'Opéra Moderne, au Quai des Brumes, avec Mignons Bandits et Keywatch aussi. J'ai ressenti une énergie implacable dans la salle. Est-ce que c'est une affaire de gang, rapper ?

CHEIDAH

Ça dépend du contexte. Seul, j'ai plus de facilité à m'ouvrir sur mes émotions devant mon micro, encore plus en italien. C'est vraiment une façon d'extérioriser mes émotions. En français c'est plus une affaire de gang, et justement dans ce contexte-là avec Keywatch, Mignons Bandits, ils sont vraiment avant-gardistes sur la scène ici. C'est Keywatch qui m'a fait découvrir le Drum & Bass, je me suis dit il y a un créneau à prendre à Montréal. On fonce là-dessus ensemble.

N.O.

Il faut finir en parlant de cet hybride langagier que tu utilises, ce français, cet italien, qui fait ta signature. Évidemment c'est un aspect distinctif dans le milieu, mais pour toi j'imagine que c'est quelque chose de plus grand, un symbole culturel, familial, humain. Qu'est-ce que ça représente ?

CHEIDAH

L'italien fait partie de moi, ça a toujours fait partie de moi. Le chanter, le rapper, c'est une extension de moi-même. Je suis très fier de pouvoir le montrer à tout le monde, de dire que ça vient de ma grand-mère, de ma mère, de toute ma famille. Je suis là pour honorer mes racines.

N.O.

CHEIDAH, c'est l'artiste. Opaque est disponible sur toutes les plateformes. Merci d'avoir été avec nous.

CHEIDAH

Merci à toi.